
A l'origine nous devions passer plus au Sud, au Pakistan et en Inde mais les complications administratives (donc financieres) rencontrees a Tachkent ne nous ont guere laisse le choix. De plus nous retrouverons Anton a Katmandu le 1er Decembre, et non plus a New-Delhi.
Apres nos peripeties afghanes, nous avons debarque en Ouzbekistan, etape post-sovietique, dans tout ce que ca peut induire : des flics partout qui servent a rien, des filles quasi a poil partout, dont on ne peut pas se servir... On a marche dans le desert et fait du stop jusqu'a Boukhara, ancienne cite de la Route de la Soie. C'est la que le pere de Charles nous a retrouve pour une petite semaine, histoire de se reposer. Nous avons traverse l'Ouzbekistan vers le Nord-Est, de facon plus civilisee. Apres avoir refait cent fois le monde et envisage la suite du periple ensemble nous nous quittons a l'aeroport de Tachkent, lui emportant des nouvelles rassurantes dans ses bagages, nous conservant precieusement ce petit bout d'Occident. Commencent pour nous deux semaines d'attente qui virent au cauchemar... L'ambassade de Chine est fermee pendant la 1ere semaine, la suivante ne nous est pas plus profitable tant leur organisation est mauvaise et leur emploi du temps leger. Nous battons le pave de la capitale ouzbeke en parfaits vagabonds, rien d'autre a faire qu'attendre la nuit qui nous permet d'enfin nous derober aux yeux de ce monde civilise, nous etalons nos duvets dans les carres d'herbe les plus sombres et les parcs glauques. Au reveil des creatures divines arpentent les rues, souriant aux eclats devant ces deux "beaux-gosses chevelus" et nous, tentant de camoufler notre pitoyable condition de clochard, survivant jusqu'au soir, noyons nos dernieres chances dans des bouteilles de Vodka a 1 euro...
Le 11 Octobre, enfin en possession de nos visas, nous quittons ce havre infernal au plus vite, direction les Pamirs pour nous refroidir. De vieux 4x4 sovietiques defonces en camions douteux, nous arrivons 3 jours plus tard au poste frontiere sino-kirghize. Decidement ces petits hommes jaunes n'honorent pas leur reputation de travailleurs assidus : la frontiere est fermee durant le week-end. Nous voila bloque dans le pire cloaque du monde. Le bled d'Irkechtam, perche a 3500m, n'est qu'un amas de ferrailles rouillees au sein desquelles tronent des carcasses de camions deformees en "habitations"... Seul le vent descendu des pics enneiges traverse ce dedale de fer et de poussiere ou on s'emmerde comme il se doit. A notre grande surprise nous tombons sur deux frenchies fort sympathiques en vadrouille autour du monde, Ludo et Manu, si nous leur donnons une lecon de restriction budgetaire ils nous bluffent avec leur website de haut-vol !
http://www.unandevadrouille.fr/blog/133/ Nous rejoignons ensemble Kashgar, a l'extreme-ouest de la Chine, ou nous nous reequipons en peaux de moutons et bottes fourrees pour le long hiver qui nous attend. Eux descendent sur le Pakistan et la chaleur du sous-continent, nous continuons en Chine. Au programme, la traversee du Tibet et, apres tout, des plus hautes montagnes du monde... gloups !















