Mirage de la Route

Mirage de la Route
Aussi bien que les mots la carte saura dire les choses, c'est à dire mentir à faire rêver.

jeudi 14 décembre 2006

Elle est retrouvee... quoi ? La Trinite. (du 2 au 20 dec 2006)




H -10 minutes par Joss et Charles

La situation est plutôt critique… Nous voila pieds nus sur le tarmac, à attendre dans nos peaux de bêtes que Mossieur Koutny descende de l’avion. Un attroupement se forme autour de ces étranges bergers enturbannes et grelottant sur leur canne couverte de gris-gris ; nous qui voulons la jouer furtive, merci la discrétion ! Et Anton qui n’arrive toujours pas ! Nous nous hissons sur la pointe des pieds pendant une heure à observer de derrière les voitures les passagers du vol en provenance du Qatar. Car il parait qu’il arrive du Qatar maintenant ! Les gens s’agglutinent encore, nous prennent en photos et proposent de nous mettre aux premières loges pour accueillir notre ami. Ils n’ont décidemment rien compris ! On s’esquive jusqu'à apercevoir de loin une ptite gueule qui nous est bien familière… On se glisse incognito jusque derrière le pilier ou il se fume sa première clope sur le sol népalais. Et Biiim ! on lui saute sur le poil !




H -10 min. par Anton


Ca y est. Apres avoir flippe pendant tout le vol qu'un problème technique nous retarde, je pose les pieds sur le sol népalais. Il fait délicieusement bon. L'aéroport fait tout sauf moderne, a peine une machine pour vérifier les sacs. Bon c’est pas tout ça, j'ai des potes à voir moi ! Les valises arrivent, d'après une habituée du pays, étonnamment vite. Plus que les sacs a passer a la "douane". Le type n a pas envie de travailler et me dit "come on sir, welcome to Nepal ! ". Alors ça passe tout seul... Devant moi, la porte de sortie de l'aéroport. Une foule de monde s'y presse. Tout a coup, au moment ou je m'apprête a franchir la porte, cinq types se pressent vers moi, avec des grands sourires, et commencent a porter mon chariot. Ils veulent tous m'offrir leurs services de taxi ! Mais ils me gênent, je n'arrive pas a voir Charles et Joss ! Nerveux comme si j'allais passer mon bac, j'allume une clope (7 heures sans fumer !!!), et je regarde le taximan qui emporte mon chariot alors que je lui ai dit cent fois que non, j'attends des potes !

Et soudain, de derrière un poteau, une vision. Deux bergers afghans à la barbe blanche me sautent dessus en grognant des insanités ! AAAAAAAAARRGHHH !! Les voila les petits malins, qui ont cru que je n'allais pas les reconnaître ! La joie est à son comble, je saute dans leurs bras, et tout va bien. Ma partie du boulot solitaire est finie, en avant les galères collectives !




La premiere impression : celle de s'etre quittes la veille. On a tant de choses a se dire, et pourtant les mots manquent ! C'est si dingue de se retrouver ici, et en meme temps tout naturel. On saute dans un taxi, Anton hallucine sur les negociations de requins des deux cousins, puis sur tout... Lorsqu'on traverse le Thamel a pied jusqu'a la Happy Home, il se fait aborder par tout le monde, ne connaissant pas encore les regles d'or du baroudeur tranquille :
- ne pas repondre aux avances des dealers, aux rickshaws racoleurs (dealers a leurs heures), vendeurs de bruits facon violons, flutes et autres guimbardes, aux enfants trop souriants, et plus precisemment a personne !
- ne jamais s'arreter plus de dix secondes au meme endroit
- ignorer les klaxons, sifflements et autres apostrophes
- garder les yeux droits devant soi, jusqu'a atteindre son but...
Charly et Joss presentent le troisieme larron aux gerants de la Guesthouse qui nous apprecient deja bien. Nous montons dans la chambre Tilicho Lake pour feter nos retrouvailles en paix et Noel dans la foulee. Il faut vider la hotte pour ne pas se la trimballer des semaines. Autrement dit , pas de quartier. On se la joue civilises, bougies, guirlandes, festin bien presente, chants de Noel a capella... Les cadeaux s'ouvrent et les langues se delient, GROS GAVAGE ! On engloutit saucisson, Comte, claquos, brioche, Nutella, Ferrero, Snickers... entrecoupes du recit respectif des quatre derniers mois. Des retrouvailles bien reussies mais trop vite obscurcies par la maladie : tour a tour la fievre fait sombrer Anton puis Charles, ils eructent pendant 4 jours, le temps de refiler cette etrange saloperie a Joss. Superstitieux, Charly prend la decision de se raser le crane pour evacuer le mauvais oeil, mais avant de s'essayer a la "bonze attitude", il tente le "Saddhu style" !
Desireux d'aller en Inde il nous faudra toutefois retourner en Chine pour atteindre Vladivostok, le tout sans prendre l'avion. La suite de l'itineraire reste a eclaircir. Nous faisons la tournee des ambassades pendant une grosse semaine.
Decus de ne voir de Kathmandou que le Thamel, on s'offre une petite viree a moto pour visiter les temples alentours (notamment le "Monkey Temple" de Swayambunath), les collines et terrasses qu'Anton ne conait pas encore. Il passe sa premiere nuit du voyage a la belle etoile. Nous grimpons 60m de denivele presqu'a la verticale, genre sentier de biquettes, dans le noir le plus total. Lorsque, enfin arrives sous les pins, la vallee scintillant sous nos pieds, Anton laisse devaler son tout nouveau duvet, le voila parti dans le sens oppose, bonjour l'aller-retour ! Joss et Charles l'entendent pester dans le noir, perdu dans les broussailes. On se couche sous les etoiles et les airs de guitare. Le lendemain, le road trip tombe a l'eau, facon douche ecossaise. On rentre trempes et geles a la guesthouse, et une fois secs on deguste un bon chocolat pour nous remettre de nos emotions.
Attendant encore le visa chinois (toujours eux !), nous passons une petite semaine au Thamel. Les journees commencent a se ressembler... Des le lever on file au Tandoori Lumbini Restaurant, devenu notre Q.G. gastronomique, s'y empiffrer de leurs delicieux "chapatis" (sorte de pancake), passons ensuite faire provision de coconuts biscuits que nous avalons sur le rooftop de la Happy Home, precedemment appelee "Hotel California". La famille qui tient la maison est sympa, nous laissant jouer de la guitare a la reception, customiser la chambre facon Lascaux, et faire resonner nos fous-rires a toute heure. Lorsque toutefois nous desirons nous coucher, le rythme a peine eteint du concert de rock quotidiennement cacophonique sous nos fenetres est repris par "batte-man", un tare qui arpente les ruelles en frappant le bitume et les chiens errants de son gourdin. Bien que les enseignes lumineuses a l'occidentale ne brillent plus, le Thamel reste ebranle par les petarades des motos, les accidents de rickshaws.
Apres deux semaines de vie ici, decontractes, nous avons nos petites habitudes, seuls restent quelques points noirs a eviter... La "salope aux dollars" qui vous refile un briquet et un sourire pour mieux faire passer le prix des clopes, amenage par son filou de mari. Les moignons de l'estropie du coin qui vous les tend bien pres du nez pour vous apitoyer. Le charmeur de cobras a qui Anton a achete un instrument pour le moins original, remake du "gaffophone", et qui le harcele par les rues pour quelques roupies en retard. Toujours sur le meme air, un albinos terrifiant et rougeaud qui tente de nous refiler ses binious aussi vereux et foires que sa face !
Cette ambiance sedentaire commence a nous peser, on s'arrache des le visa chinois appose sur nos passeports.








En grand apparat pour l'heure H.







Anton tente tant bien que mal de camoufler ses bacteries...





Clochard endormi entre deux lions. Durbar Square. La nuit c'est moins cher !






Un rickshaw endormi (au moins il nous fait pas chier !). Durbar Square by night.






"Leave out of Babylon"




Anton se voit "offrir" une guitare par un local bien trop naif...




Bloody Mary et Black Pearl. Route de Dulikhel.




Moulins a prieres. Temple de Swayambunath.



Meditation simiesque. Swayambunath.

A la recherche de Little Buddha...



Guerison par les vibrations. Tres agreable mais pas si efficace.


Premier bivouac pour M. Koutny... tellement emoustille qu'il en laisse tomber son duvet !





Bagha Chal. Jeu traditionnel ou les tigres affrontent les "sheeps".
Oiseaux... Swayambunath



On the Rooftop baby ! Happy Home Guesthouse. It was Hotel California ! Kathmandu


Apercu sur l'une des rues du Thamel, du rooftop.



Le charmeur de serpents nous poursuit jusque sous nos fenetres...

Comble du hasard nous rencontrons Edouard de La Rochefoucauld, interne a Stan avec nous il y a deja 5 ans...


Pour la enieme fois depuis 5 mois, on se replonge dans les cartes pour resoudre la suite problematique de l'itineraire.



"KDF" : la revelation coconut...




Bronzette sur le Rooftop.