Apres nous etre bien reequipes a Kashgar, nous nous lancons, fin prets pour lever le pouce, sur les chemins de Kathmandu. La traversee des abords desertiques du Takla-Makan est surprenante, donc on se retrouve avec nos peaux de bete sur le dos, dans le sable et la poussiere sous un soleil de plomb. Transition ratee ! Nous sommes vite rendus sur les contreforts de la chaine des Kunlun Shan, tremplin vers le plateau tibetain. C'est la que la galere commence...Nous avions dans l'idee d'arriver au plus vite a Ali, la "grande ville" de l'Ouest tibetain, pour rejoindre a dos de mule ou de cheval Katmandu (Nepal) ou Anton aterrit le 2 Decembre pour finir le voyage avec nous. Il nous faut quand meme 5 jours pour l'atteindre, la circulation n'est pas des plus intenses sur cette G219, pourtant la seule voie qui relie le Xinjiang Chinois au Tibet. Nous mendions des places dans les remorques des camions, l'un d'eux nous laisse a un croisement au milieu de nulle part ; nous attendons 36 heures a la borne 417, emmitoufles dans nos manteaux - qui se revelent bien utiles - jusqu'a ce qu'enfin un des innombrables camions de l'Armee Chinoise qui passaient sans meme nous regarder aie pitie de nous. Nous passons deux jours et 400 kms de piste avec ces sympathiques soldats, envoyes aux confins du pays surveiller des frontieres perdues dans des monts enneiges. Nous sommes vite seduits par la beaute des premieres cimes, cela dit nous qui pensions avoir de la neige jusqu'aux genoux on reste un peu sur notre faim, on a beau etre en moyenne au dessus de 4000m, elle ne s'accroche qu'aux pics de 5000. Le Tibet s'etale bientot sous nos yeux avec ses immenses plaines alluviales steriles et glacees, les chameaux de Bactriane et les yaks sont notre seule compagnie...
Le 28 Octobre a l'aube, nous arrivons enfin a Ali. Nous dechantons vite sur les possibilites de trouver un cheval dans cette bourgade qu'on decouvre beaucoup plus industrielle qu'on aurait voulu croire. Dans les rues gorgees d'immondices en tous genres, les Tibetains mendient du travail, la pelle a l'epaule, tandis que les policiers Han veillent a l'ordre. De notre chambre miteuse et froide au "Sunlight Hotel" accolee a la caserne, nous sommes reveilles au son du clairon. Nous abandonnons donc notre idee de rejoindre la frontiere nepalaise en vadrouille hippique et decidons au contraire de filer Kathmandu au plus vite et de nous offrir un peu de repos en Inde, en attendant Anton. Mais n'ayant pas achete le Permis Tibetain, nous ne pouvons pas officiellement prendre de ticket de bus qui nous emmenerait plus a l'Est. En effet les etrangers sont tenus, pour circuler au Tibet, de payer aux autorites chinoises un papelard a renouveler dans chaque district traverse. Le genre de connerie dont on a pas hesite a se priver, surtout etant donne nos finances. Nous nous postons a la sortie de la ville et montons, clandestins, dans un bus a destination du Mont Kailash, lieu incontournable de pelerinage tibetain. C'est la que commence la descente aux enfers, merci Buddha ! Faire du stop dans cette region n'est pas une mince affaire. Tous les matins a etre reveilles par le froid dans notre nouvelle tente dont les parois sont, a l'interieur, couvertes de glace, a se debattre pour la plier avec nos mains gelees, a attendre en dansant que le soleil nous rechauffe vers la mi-journee. Du lever au coucher, le pouce en l'air, nous n'avons que quelques fruits secs achetes a Kashgar a nous mettre sous la dent, ce n'est que vers 19h que nous abandonnons la lutte et nous refugions aupres du butagaz ou cuit a peine - altitude oblige - une ration de nouilles chinoises pour deux... Nous oublions notre appetit dans nos duvets, le froid nous offrant des reves hallucinants. Dix jours passent ainsi, a attendre des heures sur le bord de routes desertes, obliges de raquer des sommes astronomiques pour grimper sur la remorque des rares camions qui acceptent de nous prendre malgre les punitions auxquelles ils s'exposent du fait qu'on est etrangers. Nos espoirs d'etre a Kathmandu rapidement s'envolent avec les vents des Hauts Plateaux. D'autant qu'on comprend que notre porte-feuille, pourtant loin d’etre vide, ne sera pas suffisant pour atteindre la frontiere et prendre les visas nepalais, et qu'il nous faudra donc faire un douloureux crochet de 700 kms pour retirer de l'argent a Shigatse, la deuxieme ville tibetaine. Nous savons qu’un bus s’y rend regulierement, tot le matin. Considerant cette situation qui empire de jour en jour (moins de traffic et plus de controles…) nous prenons des resolutions spartiates : on se relaie desormais jour et nuit pour guetter cette derniere chance, mal abrites du froid et de la neige. C’est au moment ou le moral est au plus bas que le sort nous envoie deux Argentins desargentes, avec qui nous decidons de lier nos destins, pour le meilleur et pour le pire. Nous mettons en commun nos quelques Yuans et faisons du forcing a 6h du mat’ (le soleil se levant a 9h) pour monter dans ce foutu bus. Le 10 Novembre, arrives a Shigatse, nous offrant, en recompense de notre endurance, un VRAI repas, le sort nous envoie une derniere pique… nous tombons simultanement malades comme des chiens (et Dieu sait qu’ils sont galeux dans le pays !) ; nous voila encore retenus dans cet indepetrable Tibet. Trois jours et douze heures de latrines plus tard, nous voila enfin lances sur la derniere ligne droite vers Kathmandu. Toujours en stop, nous troquons nos Argentins contre deux Japonais hilares mais loin d’etre cons, avec qui nous franchissons la frontiere nepalaise sans encombre.
Nous vivons le changement le plus radical de tout le voyage. En 12 heures le plateau nu et glace a disparu, nous plongeons de toute la verticalite de l’Himalaya dans des vallees luxuriantes, en T-shirt. On retrouve avec surprise l’odeur, la couleur et le son, en hibernation depuis Kashgar.
Nous arrivons, euphoriques, a Katmandu le 14 Novembre et fetons le 124eme jour de voyage, deja 4 mois que nous sommes partis…nous voila a mi-course.
Nous etions prets a endurer le froid, la neige et les vents mais ce qui nous a finalement use jusqu’a la corde c’est a la fois l’impossibilite d’avancer par nous-memes et cette espece d’incertitude quotidienne ; d’autant que tous les locaux – Chinois comme Tibetains – n’en avaient rien a foutre que nous crevions dans nos bottes fourrees. Du Tibet nous n’aurons finalement vu que les routes desertes, la salete grouillante, les relais de camionneurs glauques, les tenancieres moches et malaimables, les prix exhorbitants des rares bus. Coulisses d’un spectacle culturel tres prise que nous avons loupe malgre nous.
Nous vivons le changement le plus radical de tout le voyage. En 12 heures le plateau nu et glace a disparu, nous plongeons de toute la verticalite de l’Himalaya dans des vallees luxuriantes, en T-shirt. On retrouve avec surprise l’odeur, la couleur et le son, en hibernation depuis Kashgar.
Nous arrivons, euphoriques, a Katmandu le 14 Novembre et fetons le 124eme jour de voyage, deja 4 mois que nous sommes partis…nous voila a mi-course.
Nous etions prets a endurer le froid, la neige et les vents mais ce qui nous a finalement use jusqu’a la corde c’est a la fois l’impossibilite d’avancer par nous-memes et cette espece d’incertitude quotidienne ; d’autant que tous les locaux – Chinois comme Tibetains – n’en avaient rien a foutre que nous crevions dans nos bottes fourrees. Du Tibet nous n’aurons finalement vu que les routes desertes, la salete grouillante, les relais de camionneurs glauques, les tenancieres moches et malaimables, les prix exhorbitants des rares bus. Coulisses d’un spectacle culturel tres prise que nous avons loupe malgre nous.
La fameuse borne 417... 36 heures devant le meme paysage
Premieres etendues enneigees, l'altitude se laisse sentir par un "petit" mal de crane. Ca a beau etre tout plat c'est plus haut que le Mont Blanc !

Chaque passage de col est signale par un amas de drapeaux que les Tibetains enscensent de prieres.
Notre devise : "Yak a attendre !"
Ali, ville de contrastes.


Chasse-croise des mondes qui changent.

Tout le charme british du Sunlight Hotel...

Le Mont Kailash eleve a 6714m les prieres des pelerins.

En camion entre Barga et Hor Qu.



"Meme si l'abri de ta nuit est peu sur et ton but lointain, sache qu'il n'existe pas de chemin sans terme, ne sois pas triste." proverbe persan. Facile a dire de la terrasse ensoleillee d'une tchaikhana ispahani...
Yeti surpris par l'orage.
Toits de terre sur toit du monde.

Mis a part les Swastikas et la calligraphie chinoise, ici c'est le Perou !
"ISTANSTOK" Istanbul - Vladivostok pour ceux qui auraient oublie.
"Je suis frileux et j'm'installe toujours a cote du poele " Les Inconnus.
Au VIP c'est open-barbe ce soir !
Essais nucleaires au Tibet ?!Voila comment traverser le Tibet de facon interessante, en autonome.

Estampe chinoise pour aube tibetaine.

Cafe-Smecta, sur la terrasse du Tenzin. Voila la future citadelle aux airs de Potala. Shigatse.
Nous faisons les comptes a la chandelle (le chantier provoque des coupures interminables dans notre quartier). Pour la premiere fois depuis quatre mois on passe dans le rouge a cause des p*** de transports tibetains.
Sung et Kiyo, joyeux nippons qui nous redonnent le sourire. Kodari, frontiere nepalaise.

Enfin l'Eden !

Les deux pekins jurerent, mais un peu tard, qu’on ne les y prendrait plus…



desolé je n'ai pas le temps de vous raboter des beaux skis en bois pour vous venger de vos metres cubes de neige. Mais tant pis puisque vous avez fait du stop... comme dit maman:
RépondreSupprimer"Yack a roulé"
ohhhh !!! le bel Hamlet !
RépondreSupprimerainsi ce fut dur ...
Merci pour ce beau blog qui nous explique bien ce que vous avez souffert, mais, c'était beau quand même, non ?!!
Et la suite, ce sera pire ???...
test, salut les potes, merci de toutes les photos géniales. PAP essaie de vous mettre un long texte mais le blog c pas son truc.
RépondreSupprimerEnfin une réponse au blog possible ,grâce à F.E dans le coin pour encore dix minutes accompagné d'Ania , Daphnée et Grégoire. Bravo pour les photos ,elles sont nombreuses, bien représentatives
RépondreSupprimerde votre ballade et marrantes (pour ceux qui les regardent...)
Ici tout est OK , chasse super hier , belle journée (flotte à 18 h seulement) nous étions trente , vu bcp de chevreuils , tué cinq cochons ,vu bécasses, très peu de faisans . Tout s'est bien passé. Christine avait préparé et installé tt le déjeuner aidée de Daphnée, Ania et Ro Guérin . Ambiance sympa et des kilos de bidoche à partager. J'étais hyper crevé , diner au Chêne sur le chemin du retour.Tu n'as pas eu le temps de répondre à mon mail charlie pour l'appart et j'ai été obligé de me décider à toute vitesse (comme d'hab) , c'est un truc super (studio 40 m2, coin rue du Théâtre et rue de Lourmel XV ème donc , cuisine extra , grde baignoire pour deux (ah,ah,ah que c'est drôle)parking pr voiture et scooter et cave un peu trop bien pour toi mais on verra tt ça à ton retour. J'ai bien aimé la plongée dans la verdure népalaise , c'était sûr que vous en auriez vite marre des plateaux gelés (les chinois sont salauds de vous avoir rackétés comme ça mais pourquoi vs n'aviez pas pris votre laisser-passer tibétain à Kashgar ?). Miantenant c'est cool vous attendez Anton (F.E lui remettra les trucs pour toi , je vais ajouter de la bouffe et des chaussettes le 25 prochain : F.E revient avec Ania à Lauray pr "pêcher" l'étang du bas ,ce sera sûrement marrant . Tu manques quand même des trucs . J.E AL, Stan Stéph et Cédric étaient ce w.e en Belgique pour chasser , nouvelles ce soir. Je vais peut-être retourner voir la "Drissonnière" cet après-m . Brahim a fini tout son boulot et n'a plus que des bricoles , je le ballade un peu ,tt se passe bien de ce côté-là .
Redonnez-nous des news ( il y a un parc naturel près de Kat mais je ne connais pas , êtes-vous allés à Bagdaon ?) Profitez un max du Népal. Suite du trip ???cogitez vos cartes. ce n'est pas évident. En tous cas si vous avez le temps continuez le blog c'est vraiment sympa et les photos sont très bonnes . Courriels aussi bien sûr car le blog tt le monde mate . Je vous embrasse tous les deux très fort . A Plus. Ton Pap
continuez, bonne idée mais ce serait plus simple à vous lire si vous utilisiez normalement la fonctionnalité du blog en postant des articles le jour où vous les postez, pas en bas du message daté du 26 août... mais bon! et ça ne vous empêche pas de remettre à jour la carte sur une page avec un lien depuis la home!
RépondreSupprimerrentrée de Delhi ce matin, je suis bien désolée d'avoir passé quelques jours au Bangladesh et en Inde si près de vous sans nous croiser...
Une autre fois peut-être : en Thaïlande à Noël???
excellent blog maybe the best i ever seen on the web i hope i can meet with you people one day i am planing a big one for soon so!.. i just ask you to keep your skin safe and out of troboul, thats the spirit we all should have!, live life good trip a+
RépondreSupprimersalut ,
RépondreSupprimermes pauvres petits , vous en avez bavé.
ici le tps est pourri et on râle , j imagine mm pas ce que c 'est là-haut !! aaaa gla gla !!
malgré tt ça , j' adore les photos comme d' hab .
vivement la suite ...
ps : t as vu Charles, je suis pas très inspirée , le meilleur est ds mon mail;-) mdrrrrr
Bon ca marche alors cette fonctionnalite revolutionnaire, alors tous a vos claviers !
RépondreSupprimerLa redaction Istanstok
impressionant ce voyage.... vraiment vous donnez envie! bravo pour tout ça, mélange indescriptible entre souffrance et émerveillement que votre prose nous fait magnifiquement partager. à bientôt pour d'autres nouvelles j'espère :)
RépondreSupprimeraugustin
"J'aime vos nuages... qui passent là-bas... ces merveilleux nuages. "
RépondreSupprimerMais aussi ces là-bas où vous marchez, ces lumières que vous nous donnez... et vos sourires !
Quel beau voyage !
Merci
Younick