Mirage de la Route

Mirage de la Route
Aussi bien que les mots la carte saura dire les choses, c'est à dire mentir à faire rêver.

samedi 20 janvier 2007

Quand Noel deraille ! (du 21 au 25 dec 2006)

Il a fallu l’aide de la Consule de France a Katmandou pour obtenir ce foutu visa chinois. Depuis quatre jours que les sacs sont prets, nous sommes presque surpris lorsque, le 21 decembre, l’un des gerants de la Happy Home vient toquer a 6h a notre porte. Il a une heure de retard donc on se grouille d’entasser les sacs dans un rickshaw, direction la gare routiere. Encore une fois, nos adieux a la vie sedentaire sont brusques. Malgre le bordel, on trouve rapidement notre bus, qui tombe en panne 2 heures plus tard. Un autre car qui passait par la nous ramasse, les sacs sur le toit, nous nous entassons litteralement sur les places libres, incapables de bouger un genou…L’enchainement des virages disqualifie momentanement Anton qui ne peut manger un gramme du riz au curry delicieux dont les cousins ne se sont pas prives. La route continue, aux montagnes verdoyantes succedent les plaines du Terai, ou une ceremonie religieuse bouche la chaussee pendant un bon moment.. Vers 16h, pour on ne sait quelle raison, on nous fait, encore, changer de bus, ce qui ne fait que retarder l’approche de Sunauli et de la frontiere indienne. Pensant etre enfin arrives, on nous colle dans une vieille Jeep de l’armee, ou la promiscuite donne des ardeurs douteuses aux locaux, ca frise la rixe ! Le duvet suicidaire d’Anton tente un ultime saut, du toit de la jeep cette fois, pour s’ecraser sur la route. Tout rentre dans l’ordre, et surtout dans le desordre ! la frontiere indo-nepalaise est franche, a peine marquee d’un grand porche sous lequel s’engouffrent, dans les deux sens, rickshaws, motos, chariots a bouffe, vaches, poules, et on en passe ! Il faut se demmerder soi-meme pour reclamer son tampon face au laxisme des douaniers et agents de l’immigration. On decide de s’arracher au plus vite, impossible de dormir ici. On degotte un bus de nuit qui part pour Benares a 21h. Juste de quoi refaire le plein de vivres et nous voila de nouveau sur la route. On se cale le plus confortablement possible a l’avant du car, et on tente de s’endormir malgre les trous dans le bitume et le klaxon le plus strident du pays. A 4h du mat’ la derniere secousse nous reveille : nous sommes a Varanasi ! Nos sacs sur le dos, on tourne en rond dans les ruelles encombrees de vaches et de saddhus endormis, cherchant le Gange. Apres moult detours, un gros porc qui nous colle aux basques nous guide vers les ghats, profitant de l’occase pour nous proposer rickshaw, guest house, barque, restau... tout sauf de la tranquillite. Enfin poses sur les marches, nous observons le jour se lever dans un epais voile de brume qui cache la rive d'en face... et la vie de reprendre ; calme au debut, puis de plus en plus grouillante de pelerins, baigneurs, mendiants, gamins tendant trop la main.
Cette etape a Benares aura ete courte mais l’envie de passer Noel dans le sud nous pousse vers la gare, satisfaits tout de meme d’avoir pu capter quelque chose de l’ambiance de cette ville. C’est une galere pas possible pour avoir un billet. Confines pendant 3h dans une salle reservee a une foule de touristes, on finit par obtenir 3 billets pour Calcutta.
Et nous voila partis pour trois jours de train, non-stop. D'abord jusqu'a l'ancienne capitale de l'Empire, dont nous constatons en un temps record la cohue-bohue parmi laquelle nous peinons a trouver un ticket pour le Sud. Epuises, on tombe par hasard sur le seul guichet qui ne soit pas encore pris d'assaut. A 21h, le train part, on s'entasse dans un entre-wagon pour ce qu'on croit etre 27 heures de voyage. On arrache quelques centimetres carres aux Indiens installes la. La nuit s'anonce rude dans ses odeurs d'urine et de sueurs exotiques. Comble de l'inconfort, un controleur nous rapatrie en derniere classe... conformement a notre billet. La on reste assis dans la porte ouverte du train, a contempler le paysage se charger de palmiers et de rizieres a mesure que les rails filent vers l'Equateur. Deux possibilites s'offrent a nous : d'un cote Madras, port de la cote Est, ou nous pourrions embarquer a destination de la Chine pour rejoindre Vladivostok. De l'autre cote Bangalore, ou travaille Regis, le cousin de Joss - dont on n'a pas de news depuis deux semaines. On passe pas en Inde sans visiter la Familia ! c'est le sort qui choisit pour nous, puisque le train ne s'arrete pas a Madras. De plus une tres longue conversation de veillee de Noel nous amene a abandonner Vladivostok pour amorcer un retour vers la France par la route. Apres cinq mois de voyage, les deux anciens ont des aspirations qui different un peu. Quant a Anton il ne demande qu'a se jeter sur les chemins, quels qu'ils soient. Sur ce on s'endort, sans guirlandes ni foie-gras, la tete dans les peaux de banane et les odeurs de pieds... Joyeux Noel quand meme !


Benares au petit matin, les ghats ne s'affolent pas encore... ca ne durera pas longtemps !

A la gare ce sont d'ailleurs trois Francais qui creent l'emeute avec leurs airs vagabonds. Benares, le 21 dec.

"je peux descendre du train en marche", on ne l'a pas tente mais un peu de fraicheur fut agreable. vers Calcutta, le 22 dec.

Calcutta ou comment errer dans une foule haute en couleur pour faire chou blanc... Le 22 dec.

C'est pas que ta tete me revient pas, mais toi, tu vas me filer ta place... vers Bangalore, le 24 dec.

1 commentaire:

  1. DIDA

    ben alors ? to be continued ? quelle torture !! j' attendais votre arrivée en Inde avec impatience ...
    please des photos, des photos et encore des photos [Charles n' hésite à m en envoyer sur ma boite perso ;-) ].
    arfffff , je voux déteste !! LOL
    Promis , juré , craché !(non, pas craché , c' est pas joli pour une fille LOL) . Je le ferai ce satané voyage en Inde !!

    Allez , bonne route et profitez de vos dernières semaines ... sniff

    ps :saluez Aishwarya Rai pr moi au cas où... hahaha ;-)

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