Mirage de la Route

Mirage de la Route
Aussi bien que les mots la carte saura dire les choses, c'est à dire mentir à faire rêver.

vendredi 23 février 2007

Dehli - Delo (du 17 au 23 février 2007)



Dehli est bien moins bordelique que Bombay, voila qui me rassure, en deux avenues, trois rond-points me voila rendu a Connaught Place, seule chose que je sache a peu pres de la capitale : une place en plein milieu et toute ronde, reperable, non ? et apres ? Et bien, je me paie ma sieste sur les pelouses ensoleillees, j'apprecie les rayons d'Apollon meme si ce feignant m'a fait perdre 10 degres celsius en 1000km : de 35 a 25... le rude hiver !Je n'ai rien a faire ici que d'obtenir mes visas pakistanais et iraniens, ainsi que de penetrer un peu plus en avant dans cette Inde polymorphe. Je decide donc de prendre mes quartiers pour quelques jours. Arrive un samedi, il ne se passera rien avant lundi. J'ai bien un contact, Abishek un ami de Regis, mais il est overbooke par une delegation francaise, il bosse nuit et jour dans les effluves de champagne... Je me degotte donc un petit chez moi qui ne tarde pas a prendre l'ampleur de la ville entiere... Ma chambre est dans le quartier gouvernemetal, larges et longues avenues, agreables par leurs pelouses adjacentes, quelques arbres pour parfaire le cote british, dont un : le mien. Ma cuisine ? a Pahar Ganj, dans une populace lustree par le long voyage qui l'a deposee ici, en face de la gare ce quartier est une cohue, une tornade de rickshaws, de Bajaj, de p'tits blancs-becs perdus, de mendiants, de chiens, de vaches et de rats... Ca se gueule d'un trottoir a l'autre, les seaux d'ordures volent en cadence au-dessus des passants, hop un crachat a droite ! un fond de tchai a gauche ! 'tention la bouse ! Les chapatis se produisent a la pelle, il regne ici une ambiance de haut-fourneau, de bourse en plein krach, en un mot : l'effervescence des tropiques. Ma salle de bain est presque a-cote, dans la gare, plus precisement derriere le Tourist Office, ca a le merite d'etre propre et spacieux, rien a voir avec les murs en "pisse" (si je pouvais faire des accents vous auriez ri comme jamais de ce fameux calembourg !) qu'inonde toute l'Inde accroupie... On me dirait mauvais architecte de foutre les chiottes a cote de la tambouille, mais vu les menus, c'est au contraire un signe de grande sagesse et de prevoyance... Mon jardin s'etend sur 1 hectare, sur le chemin de ma chambre. J'y passe de longues heures etendu, a compulser mes cours de Licence, ne me croyez pas si ca vous chante ! Enfin ! il y a malgre tout des desagrements a habiter une si grande propriete : je me perds a en devenir fou, je passe une demie-heure tous les soirs pour retrouver mon lit ! c'est pas une vie ! d'autant qu'il fait deja tout noir et que je n'ai pas l'electricite. Je paie un parking quand je vais bouffer, quand je glande... chez soi ! non mais je reve ! Cote voisinage, c'est honnete, un peu m'as-tu-vu ces grands batiments roses, mais c'est ordonne, les officiers defilent deja a la sortie des ministeres, les "Ambassador" (voiture indienne facon "cab" londonien) glissent majestueusement sur l'asphalte, c'est tout juste si on n'entend pas Wagner ! Tous les matins les enfants de la medersa contigue aux murs inexistants de ma chambre me reveillent de leurs cris de joie et d'humeur, "ecartant un a un les voiles" de brume.
Mais je ne suis pas venu ici pour coloniser... juste de passage. Des les premieres heures (j'ai pas le choix, le soleil est mon reveil) lundi, je me rends a l'ambassade pakistanaise, demande un visa de transit : "accorde", parfait. Je passe visiter les voisins : "id est" l'ambassade de France, je rencontre un certain Geissenhoffer qui s'empresse de me faire une lettre de recommandation pour l'Iran, mais aussi de savoir ce que je suis alle foutre en Afghanistan, et enfin de partager sa passion photographique... Bref et intense retour en France ! Au consulat iranien, je ris moins. Ils ne s'autorisent qu'a me delivrer un visa de transit... 7 jours ! Le couperet tombe et je ne sais plus quoi faire, pour la mille et unieme fois en 7 mois les projets s'ecroulent, se redressent, tentent une sortie, un dernier sursaut... pfffff. qu'est-ce que je vais foutre en 7 jours moi ?! j'ai pas trop le choix, je pense a Charly et Anton qui seront bientot dans l'avion, je me dis qu'a ce train-la je serai a Paname avant eux ! Je signe quand meme, entendons : je paie. Le lendemain je retourne chez les pakis, pour affaire consulaire, et rencontre Lee un charmant coreen bien marrant qui tombe absolument amoureux de Noir Desir ! Voila qui m'arrange, enfin ! Je comptais a la base chevaucher jusqu'a la frontiere et la vendre la-bas, mais puisque l'occasion se presente ! Je lui explique moult details techniques qui font qu'un Bajaj est toujours unique, je lui file quelques cours de conduites, car conduire un Bajaj : c'est unique, et je lui fais un prix d'ami parce que : Noir Desir est unique !
Je n'attends desormais plus que messieurs les iraniens se depechent de me tamponner, les jours passent en migrations pendulaires qui m'offrent de decouvrir Dehli ; parfois je m'autorise a sortir de "chez moi", je m'aventure alors dans des quartiers encombres de partout, lorsque je les retravesre au petit matin, ils sont meconnaissables : quelques hommes a peine se douchent a grande eau sur le trottoir defonce (la chance ! pour la douche pas pour la defonce...), les rideaux de fer s'etirent, baillent un coup et finissent par ouvrir, toute la bovinasse rue pour se decrotter les flancs, les chats jouent les funambules dedaigneux sur leurs fils electriques, il y a meme, la-bas, un cavalier qui passe...
Vendredi 23 fevrier, je suis en regle, j'ai boucle mon petit sac, laissant non sans mal un bagage en consigne pour mes deux accolytes des temps passes, me voila a pied... c'est autre chose, ma cuisine me semble etre perdue dans une autre galaxie ! Je prends mon ticket, monte dans ce train, et a Dieu va ! dans dix jours je serai a 6000 km de la !

Une poupee jivaros chez les Pachtounes ?! mais ou va le monde !

Ma chambre, vue de l'oreiller. J'avoue, j'ai un faible pour le papier-peint en trompe-l'oeil...

Ma cuisine : oui, j'ai des domestiques.

A Pahar Ganj chaque resto a ses crieurs, raccoleurs inveteres ils vont jusqu'a te choper par le col pour ne te lacher qu'une fois le cul sur leur chaise !

Devant le Parlement (enfin un petit morceau) une Ambassador noire deroule le prestige a l'indienne... il manquait plus que les trenchs Burburry et j'etais a Londres ! (et les petites anglaises aussi...)

"Mes uniques sandales avaient un large trou", recollage, 3eme edition, en France on appelle ca des soins palliatifs...

Lee, l'heureux elu ! pour ma part j'aurai parcouru 4906 km avec Noir Desir, depuis Bangalore jusqu'a Dehli !

5 commentaires:

  1. je finirais ses nouvelles révisions toutes seules, plus de petits messages d'encouragement entre deux surligneurs qq fiches... Mais file vite, va découvrir de nouveaux horizons et surtout profite bien de ces derniers mois!
    a dans qq semaines!
    prends des belles photos, j'attends la mienne..
    tschüss

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  2. pfff lorthographe... c le fait detre devenue polyglotte, jy perds mon latin!
    die B.

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  3. c'est dur de mettre du son ? en tous cas, c'est génial, depuis que tu es tout seul, tu es très bavard, et on suit mieux tes pérégrinations

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  4. marie-France te dit bonne nuit, car elle se couche...à condition qu'on quitte l'ordi qui est dans sa chambre, maintenant !!!

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  5. salut les boys !
    Belle plume Joss, ne t'arretes jamais. Sinon ou en sont les deux autres ? J'ai rien compris... ils prennent l'avion et abandonnent eux aussi leur belle routarde? Comment reviennent-ils en Gaulle?
    De mon cote je boucle mes 8 mois sedentaires a Bangalore dans 10 jours en avion (je suis presse). J'espere que tu auras de belles photos de Holi a nous montrer (le sud se lachant beaucoup moins que le nord a cette occasion, parait-il).
    A bientot.

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