Mirage de la Route

Mirage de la Route
Aussi bien que les mots la carte saura dire les choses, c'est à dire mentir à faire rêver.

samedi 5 août 2006

Enlisés à Konya (du 24 juillet au 1er août)


Konya était à la base une étape de routine, nous y passions pour voir les Derviches. Mais c'est autre chose qui nous a fait tourner la tête... Arrivés le 24 juillet avec l'idée un peu folle d'y trouver une moto, nous nous sommes accrochés à cette lubie tenace qui nous a traînés de garages en bureaux. De totalement étrangère qu'elle nous était, Konya nous est devenue familière, de ses ruelles - souks le jour, poubelles la nuit - à son parc central - aire de pique nique le jour, auberge pour nous la nuit - en passant par le quartier "Eski Garaj" et Mevlana Caddesi...

Nous avons tout d'abord établi notre quartier général dans l'atelier d'artistes de nos potes turcs, laissant les discussions politiques sur le Liban pour explorer la ville... sans nos sacs encombrants sur le dos.

Pendant six jours et sept nuits les habitants nous ont vu déambuler, sales et fatigués parfois, avec le même air étonné, nous resterons un mystère pour eux. Nous, en revanche, nous sommes familiarisés avec leur ville, prenant nos petites habitudes locales sans pour autant pouvoir passer inaperçus. Certains se souviendront peut-être de nous. Notamment le vendeur de döners (Kebab pour les Parisiens) que nous pillions trois fois par jour dans des proportions gargantuesques, pour trois sous. Que ceux qui craignaient de nous voir maigrir se rassurent ! Pour rester dans l'alimentaire, nous avons sympathisé avec le patissier dont les sablés variés nous ont aidés à tuer les longues heures de notre nuit blanche.
Sans toit ni sacs (restés sous clé dans l'atelier de Kürşat) nous avons erré, Konya by night est plutôt fraîche (1000 m d'altitude tout de même) et déserte.
Les artistes partis pour Istanbul, nous avons dû quitter l'atelier et reprendre notre vie de clochards-voyageurs. Tous les soirs, nous escaladons les pentes d'Alaaddin Parc pour étendre notre couverture de survie, tâche argentée sur l'unique carré de pelouse épargné par les arrosoirs automatiques, difficilement camouflable aux yeux des policiers venant maternellement nous bercer - à 3h du mat' - de leur voix moustachue : " Passaporté"... A force nous commençons à apprécier l'omniprésence de l'uniforme : militaires dont la caserne barbelée occupe le tiers de la ville,
gendarmes sympathiques qui nous offrent le thé, ou agents de circulation qui ovationnent Peachie à chaque tour de l'énorme rond-point d'Alaaddin. Si nous nous sommes éternisés à Konya, c'est en partie à cause de ce blog qui nous a donnés plus que du fil à retordre ! Le gérant de "Nada Net" nous a vu revenir une bonne dizaine de fois, enragés par la perte de nos photos (par trois fois, bilan : 600 disparues), découragés par la lenteur de la connexion, ravagés par la chaleur moite qui y régnait. Alors profitez bien, c'est du nectar ! Nous y avons aussi tari l'attente en nous soûlant de musique sur Radioblogclub.com ...
Les formalités pour Peachie nous ont tout autant retenus. Mais cela nous a permis de découvrir un quartier où nous redoutions d'abord de mettre les pieds : Eski Garaj.
C'est un enchevêtrement de ruelles bourdonnantes des mobylettes en route pour un des innombrables garages. Paradis où l'huile de vidange coule à flot, abreuvant tôles et ferrailles, et dont l'Adam moustachu à la bedaine pleine de cambouis fait de cet amas une mécanique magiquement parfaite.
Charme des paluches énormes du garagiste dont la précision horlogère tient du miracle !
Qui eût cru que nous deviendrions intimes de ce cénacle de roublards à la bonhomie si touchante.
Notre enlisement à Konya, s'il n'était pas prévu, fut apprécié par nous en tout cas, peut-être aussi par eux. Qui sait quelle empreinte nous y aurons laissée, en ce qui nous concerne nous avons véritablement le sentiment de "connaître" une ville, parmi celles qui ponctuent notre route.

4 commentaires:

  1. salammmmmmm ,

    géniales ces nouvelles photos , de mieux en mieux ; la moto wawwwww , une merveille lol.

    radioblogclub , merci qui ? mdrrrrrr

    dernière chose, faites vous du bien, allez vous couper la tignasse , pas la boule à zéro ( tu sais que j 'aime pas les cranes rasés lol), mais un peu qd mm mdrrrr .

    allez bonne route , j' attends la suite avec impatience .

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  2. rassurée de constater que vous parvenez à vous abreuver de musique, et de quelques cigarettes pour le petit charly...
    le "chech" bleu pétant sur les fotos ça pète le style...parfois un peu sylvain tesson si j'ai bien compris...j'arrête de monopoliser l'attention, c'est juste que jsuis émue et que je dévore votre histoire.
    la bécane je l'aime à part que si vous aviez besoin d'une fille j'étais là...! (moins utile c'est sûre)

    sans rancune et je pense à vous

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  3. pourquoi y a-t-il une poubelle à côté de mon commentaire ? et il n'est pas six heures cinquante-cinq !
    je dis n'importe quoi juste pour m'entraîner à écrire des commentaires pour le jour où j'aurai vraiment qqch à dire

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